Lyon

Auvergne-Rhône-Alpes

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Sophie
Publié le 15 mars 202513 min de lecture

Lyon en famille : week-end gastronomie, Guignol et Musée des Confluences

Lyon avec des enfants depuis le Sud : 3 jours dans les traboules du Vieux-Lyon, au théâtre Guignol et au Musée des Confluences. Notre itinéraire complet avec l'anecdote de l'andouillette de Lucas.

Lyon

Destination

3 jours

Durée

€€€

Budget

Lyon est à deux heures de route depuis notre maison dans le Sud. On aurait pu y aller bien plus tôt. On a attendu que les enfants aient l'âge de "vraiment apprécier", comme on se dit souvent pour se donner le temps de souffler. Et puis on s'est lancés un vendredi soir de septembre, avec deux heures de TGV, deux enfants surexcités et Lucas qui avait déjà repéré trois bouchons lyonnais sur son téléphone depuis deux semaines.

Trois jours plus tard, on est rentrés avec des kilos de gastronomie dans le ventre, des fous rires mémorables, et une anecdote avec une andouillette qui fait encore rire toute la famille à table.

Pourquoi Lyon est parfaite pour une famille

Lyon cumule des atouts que peu de villes françaises réunissent. La gastronomie, bien sûr : c'est la capitale mondiale du genre, et ce n'est pas juste une étiquette. Les enfants mangent bien ici, même les difficiles. La culture aussi : le Vieux-Lyon est classé UNESCO, les musées sont exceptionnels, et la ville est traversée par deux fleuves.

Mais ce qui m'a le plus convaincue, c'est l'échelle humaine. Lyon est grande sans être oppressante. Le métro est simple à comprendre, le Vieux-Lyon est entièrement piéton, et les Lyonnais sont, je l'ai été surprise de le constater, particulièrement bienveillants avec les familles dans les restaurants.

Comment venir depuis le Sud de la France

Depuis Marseille ou Montpellier, Lyon est à 1h45-2h15 en TGV. C'est l'un des trajets les plus confortables avec des enfants : pas trop long, pas de correspondance, et la gare de Lyon-Part-Dieu est bien équipée. Depuis Nice, comptez 3h. La voiture est aussi une option depuis le littoral méditerranéen (autoroute A7), mais le stationnement à Lyon est compliqué et cher. Le TGV reste notre recommandation.

Jour 1 : Vieux-Lyon et les traboules de Léa la détective

Matin : Arrivée et immersion dans le Vieux-Lyon

On pose les bagages à l'hôtel (on avait choisi un établissement en Presqu'île, entre Rhône et Saône, idéalement placé) et on file directement vers le Vieux-Lyon. C'est à dix minutes à pied du centre, ou deux stations de métro ligne D.

Le Vieux-Lyon est un choc positif. Les façades Renaissance, les couleurs ocre et or, les ruelles pavées qui descendent vers la Saône. Tout est beau. Tom écarquille les yeux. Et Léa, immédiatement, pose LA question : "C'est quoi ces petites portes dans les murs ?"

Les traboules. Des passages couverts qui traversent les immeubles de part en part, permettant de passer d'une rue à l'autre en longeant des cours intérieures. Utilisées par la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, elles sont aujourd'hui un secret ouvert de Lyon que les habitants partagent volontiers avec les curieux.

J'avais téléchargé une carte interactive des traboules avant le voyage. Léa se l'est appropriée en moins de deux minutes. Elle est devenue notre guide officielle, notre "détective des passages secrets". Pendant deux heures, elle nous a menés d'une traboule à l'autre, frappant aux portes cochères, poussant les battants lourds, s'engouffrant dans les couloirs sombres avec un cri de victoire à chaque fois qu'elle débouchait de l'autre côté.

Tom suivait en courant, ravi d'avoir une grande sœur aussi aventureuse. Lucas et moi suivions avec les sacs à dos et le sourire.

Découvrir les traboules avec les enfants

Les traboules sont ouvertes aux visiteurs mais appartiennent à des immeubles privés. On sonne ou on pousse la porte cochère si elle est entrebâillée. Les habitants sont habitués et généralement accueillants. Une carte des principales traboules est disponible à l'Office de Tourisme de Lyon, ou en téléchargement gratuit sur leur site. Comptez 2h pour explorer les plus belles du Vieux-Lyon. C'est une activité idéale pour les enfants dès 6 ans : ça ressemble à un jeu de piste grandeur nature.

Après-midi : Fourvière et vue panoramique

L'après-midi, on prend le funiculaire pour monter à Fourvière. Avec Tom, le funiculaire est déjà une attraction en soi : il parle du "train qui monte tout seul" pendant toute la montée.

La basilique de Fourvière est impressionnante de l'extérieur, très chargée à l'intérieur, mais les enfants sont surtout captivés par la vue panoramique depuis l'esplanade. Toute Lyon s'étale en contrebas. Le Rhône et la Saône, la Presqu'île, les tours de la Part-Dieu au loin. Léa sort son carnet et esquisse un plan. Tom essaie de repérer notre hôtel.

On redescend à pied par les escaliers qui serpentent dans le Vieux-Lyon. C'est plus long mais tellement plus beau. On croise des chats qui dorment sur des rebords de fenêtres, des maisons avec des jardins suspendus, et un vieux monsieur qui joue de l'accordéon dans une cour intérieure.

Soir : Premier bouchon lyonnais en famille

Les bouchons lyonnais sont l'âme de la gastronomie locale. Ce sont des petits restaurants traditionnels, souvent familiaux, avec des nappes à carreaux, des ardoises et des plats qui font du bien.

On avait repéré un bouchon sur les recommandations de la propriétaire de notre hôtel. On arrive à 19h, on est les premiers, et le patron nous installe avec le sourire malgré les deux enfants et la poussette repliée.

Léa commande une quenelle de brochet sauce Nantua. Elle hésite, elle sent, elle goûte : "C'est bon ! C'est bizarre mais c'est bon." Tom commande un steak haché avec des frites, parce que Tom commande toujours un steak haché avec des frites. Il refuse catégoriquement de goûter quoi que ce soit d'autre. C'est ainsi.

Et Lucas ? Lucas commande une andouillette. Sans savoir ce que c'est.

Il l'avait vue sur la carte entre la quenelle et le tablier de sapeur, il avait pensé que ça ressemblait à de la saucisse, et il avait commandé avec la confiance tranquille d'un homme qui mange de tout.

L'andouillette arrive. Lucas la coupe. Lucas la sent. Lucas me regarde. Je le regarde. Léa demande : "Papa, pourquoi tu fais cette tête ?"

Pour les non-initiés : l'andouillette est une spécialité lyonnaise à base de tripes, avec un parfum... caractéristique. Lucas a mangé vaillamment la moitié de son assiette sans se plaindre. Le patron, qui avait tout vu, lui a apporté un verre de Beaujolais "en compensation". Lucas a ri. Tout le monde a ri.

On en rit encore.

Jour 2 : Musée des Confluences et Guignol

Matin : Le Musée des Confluences, le monument de verre

Le Musée des Confluences est situé à la pointe de la Presqu'île, là où le Rhône et la Saône se rejoignent. Son architecture est déjà un spectacle : une structure en inox et verre qui ressemble à un vaisseau spatial posé entre les deux fleuves. Tom s'arrête à 100 mètres et dit : "C'est une fusée ?"

C'est en réalité un muséum d'histoire naturelle, mais d'une ambition et d'une réalisation qui dépassent largement cette définition. Les collections couvrent l'histoire de l'univers, l'évolution du vivant, les cultures humaines, et le futur de l'humanité. Ça semble dense. Sur le terrain, c'est fascinant.

Les enfants sont immédiatement happés par les squelettes de dinosaures, les momies égyptiennes (Léa lit chaque panneau explicatif avec une concentration rare), les animaux naturalisés en scènes de vie reconstituées. Tom passe dix minutes à observer un squelette de baleine suspendu au plafond. Il demande si la baleine avait un nom.

La scénographie est de haute volée : éclairages dramatiques, mise en espace généreuse, interactions pensées pour les enfants. Rien n'est poussiéreux ou ennuyeux. C'est le musée le plus impressionnant qu'on ait visité en France avec les enfants.

Comptez au minimum 2h30, idéalement 3h. On y a passé une matinée entière et on aurait pu rester plus longtemps.

Musée des Confluences : ce qu'il faut savoir

Le musée est ouvert du mardi au dimanche. Gratuit pour les moins de 18 ans. Pour les adultes, le tarif est autour de 9 euros. Prévoyez au moins 2h30 avec les enfants. La cafétéria est correcte et bien placée avec vue sur la confluence. On peut y accéder en tramway depuis le centre-ville (ligne T1). Le week-end, il peut être bondé : arrivez à l'ouverture ou en fin d'après-midi.

Après-midi : Guignol au théâtre, Tom aux larmes de rire

L'après-midi est entièrement consacrée à Guignol. Lyon est la ville natale de la marionnette la plus célèbre de France, créée au début du XIXe siècle. Il existe plusieurs théâtres de Guignol à Lyon, certains proposent des représentations quotidiennes.

On avait réservé deux places enfants et deux adultes pour une représentation de 45 minutes. La salle est petite, l'ambiance est chaleureuse, et dès que Guignol apparaît avec sa canne et son chapeau, Tom est captivé.

Ce qui se passe ensuite est difficile à décrire. Tom rit. Pas le petit rire poli du dimanche, non. Le rire du ventre, le rire incontrôlable, le rire qui fait pleurer. À chaque gag de Guignol, à chaque coup de bâton sur la tête du méchant gendarme, Tom part dans un fou rire qui contamine toute la salle. Des adultes le regardent et rient de le voir rire. C'est contagieux.

Léa, plus réservée, sourit largement et applaudit avec conviction. Lucas a les joues rouges d'avoir ri. Moi, j'ai les yeux brillants parce que regarder ses enfants heureux dans un théâtre de marionnettes à Lyon un samedi après-midi, c'est une de ces scènes qu'on grave en soi pour toujours.

Soir : Balade en Presqu'île et crêperie

Le soir, on se promène sur les quais de la Saône. Les lumières de Lyon se reflètent dans l'eau. Tom est encore dans l'élan du Guignol et mime les personnages en marchant. Léa lui explique l'histoire vraie de Guignol (elle a retenu tous les panneaux du théâtre).

On dîne dans une petite crêperie de la Presqu'île. Simple, bon, abordable. Les enfants adorent les crêpes au Nutella en dessert. Lucas prend une galette complète et vérifie soigneusement la composition avant de commander. L'andouillette a laissé des traces.

Jour 3 : Marché et retour dans le Sud

Matin : Le marché Saint-Antoine et les délices locaux

Le marché Saint-Antoine, sur les quais de la Saône, est l'un des plus beaux marchés de France. On y arrive à 9h, sous un soleil d'automne qui transforme les façades en or.

Il y a des fromages qui font rêver, des charcuteries qui font peur (Lucas passe vite devant les andouillettes), des fruits et légumes extraordinaires. On achète un saint-marcellin, du saucisson, des pralins roses (la spécialité sucrée de Lyon), et de la quenelle sous vide pour rentrer.

Léa négocie un pain d'épices en forme de Guignol. Elle l'a posé sur sa table de chevet en rentrant, sans le manger, "pour se souvenir".

Après-midi : Retour dans le Sud

Le TGV de retour est à 14h. On charge les bagages avec les courses du marché et les enfants fatigués mais heureux. Dans le train, Tom s'endort immédiatement. Léa relit son carnet à voix basse.

Je regarde défiler les paysages du couloir du Rhône depuis la fenêtre. Le Midi s'approche, le ciel s'élargit, le soleil devient plus vif. Je repense à l'andouillette de Lucas, aux traboules de Léa, aux rires de Tom devant Guignol. Et à la quenelle qui a fait de notre petite citadine de 8 ans une amatrice de cuisine lyonnaise.

💶 Budget estimé, famille

Budget 2 adultes + 2 enfants. Le Musée des Confluences est gratuit pour les moins de 18 ans. Les bouchons lyonnais sont plus accessibles que des restaurants équivalents à Paris.

Hébergement330€ (3 nuits, hôtel 3 étoiles Presqu'île)
Repas260€ (bouchon lyonnais, crêperie, marché, boulangeries)
Activités80€ (Musée des Confluences gratuit -18 ans, Guignol, funiculaire)
Transport240€ (TGV aller-retour x4 + métro Lyon)
Total famille910€ pour 3 jours (2 adultes + 2 enfants)

Nos bonnes adresses testées

Hébergement : Un hôtel en Presqu'île entre Rhône et Saône. Idéalement placé, à pied du Vieux-Lyon via les quais de la Saône.

Le bouchon du soir : On vous laisse découvrir le vôtre : demandez à votre hôtel. Les meilleures adresses ne sont jamais sur les grandes plateformes de réservation.

Marché Saint-Antoine : Quais de Saône, mardi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche matin. Incontournable.

Guignol : Plusieurs théâtres à Lyon proposent des représentations. Réservez en ligne, les séances se remplissent vite le week-end.

La pâtisserie Voisin : Pour les pralins roses, les coussins de Lyon et les chocolats. Une institution.

Questions fréquentes

Conclusion : Lyon, la grande surprise du voyage

On avait sous-estimé Lyon. On pensait y trouver une "belle grande ville du Nord" (depuis le Sud, tout ce qui est au-dessus de Valence est un peu "le Nord"). On a trouvé une ville chaleureuse, gourmande, belle à chaque coin de rue, et parfaitement adaptée aux familles.

L'andouillette de Lucas est entrée dans la légende familiale. Les traboules de Léa aussi. Et les rires de Tom devant Guignol, ces rires qui venaient du fond du ventre, résonnent encore dans nos mémoires comme l'une des plus belles musiques de notre vie de famille.

Lyon : on revient. Et cette fois, Lucas lira la composition des plats avant de commander.

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